Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 23:09


Qu'on le veuille ou non, le romancier Michel Houellebecq est un des seuls de nos auteurs contemporains qui ait une stature internationale, un des seuls qu'on traduise, lise et commente à grande échelle, dans le monde ; un des seuls aussi qui ait réellement quelque chose à dire, un des seuls romanciers, en somme, en France, dont on puisse réellement critiquer et commenter l'oeuvre et non simplement se contenter de quelque petite remarque convenue sur l'originalité et la forme qu'elle adopte. Pierre Jourde a peut-être raison de dire qu'on en parle trop, à chaque fois qu'un livre paraît, je ne sais. On en parle beaucoup, c'est certain ; si bien que, même lorsqu'on ne le lit pas un de ses romans qui vient de paraître, on a l'impression de l'avoir lu, quand même. Par exemple, je n'ai pas lu La Possibilité d'une île, mais j'en ai tellement entendu parler que je suis à peu près sûr de pouvoir rédiger un article entier sur ce livre. Je suis à peu près sûr, en somme, de pouvoir faire le boulot de certains critiques. Je ne l'ai pas lu, parce que je ne fais pas partie des lecteurs inconditionnels de Houellebecq. Je n'ai pas lu tous ses romans ; mais ce que je peux dire, c'est que chacun des romans que j'ai lu de lui m'a plu. Ou ne m'a pas laissé indifférent. Disons que j'ai reconnu qu'il y a avait là quelque chose ; une oeuvre peut-être ; un point de vue unique. Irremplaçable ? Qui sait. Identifiable à coup sûr ? Oui. On peut lire dix lignes de Houellebecq, on sait que c'est du […]
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 15:15

Alberto C. me rapporte qu'il lui est devenu impossible de lire la prose des journalistes, même intelligents - surtout intelligents, précise-t-il. Tout ce qui me passe sous les yeux me semble un vacarme tonitruant de cacographes. Je lui réponds que Dostoïevski, en son temps, avait par avance croqué leurs deux attitudes majeures, auxquelles toutes leurs postures paraissent pouvoir se réduire. Deux attitudes, en deux personnages : l'homme du sous-sol et le diable qui apparaît à Ivan Karamazov. Ainsi les journalistes font-ils entendre la voix du ressentiment ou celle du bavardage - le diable des Karamazov est un bavard, qu'Ivan voudrait faire taire. En réalité, ajouté-je, ces voix n'en forment qu'une : la voix de celui qui fait le malin, pour épater les autres.
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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 12:49

Anne-Marie Delcambre évoque le caractère schizophène de nombreuses personnalités de culture musulmane. Un exemple : un jour où je photocopiais des pages du Coran, pour l'occasion d'un stage, un de mes collègues s'approche de moi. Français, d'origine algérienne, professeur de mathématiques. Tu lis le Coran, dit-il. Moi, ces choses-là ne m'intéressent pas. Mais il continue : et tu le lis en français ? Mais TU N'AS PAS LE DROIT !!!
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Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 10:30

Après une conférence de Henri Pena-Ruiz, spécialiste autoproclamé de la laïcité : un homme se lève, dans la salle et s'adresse à la sommité bavarde. Deux paroles de Jésus, dit-il, suffisent à montrer la force du christianisme : "Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre !" et "Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes." Le premier de ces deux commandements tape sur la tête de l'homme, l'assomme et le met à terre ; le second le relève et lui montre l'horizon infini qui l'attend, s'il le souhaite.
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Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 11:32

Ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l'homme, me rappelle Alberto C. au téléphone ; et il ajoute qu'il faudrait peut-être s'imposer un an de jeûne de la parole. La plupart du temps, nous parlons depuis le souterrain et nos paroles sentent le moisi du ressentiment.
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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 10:31

Lu à la terrasse d'un restaurant marocain bon marché, au centre de la Capitale, le dernier livre d'une star de la rentrée littéraire, fade et formaté pour les concours de l'automne m'est tombé des mains. Et me voici tout penaud, avec mes taches de graisse de saucisse ; tout ça en cinquante minutes, couscous en main.
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